CRITIQUE : American Psycho sur Broadway

À l’écriture de ces lignes, la comédie musicale American Psycho a déjà fermé ses portes sur Broadway après une courte série de représentations qui n’aura duré qu’à peine deux mois. La production a eu de la difficulté à rejoindre un large public, les critiques mitigées et le peu de nominations aux Tony Awards n’aidant pas à créer un buzz

Certes, j’ai passé une excellente soirée au Gerald Schoenfeld Theatre le dimanche 22 mai dernier! Il faut dire que je m’intéresse au développement de l’œuvre depuis plus de quatre années, ayant adoré le film de 2000 avec Christian Bale. J’avais même participé à la campagne Kickstarter de la production de Londres où les producteurs s’étaient tournés vers la célèbre plateforme de sociofinancement pour soulever les fonds nécessaires afin d’avoir de vrais musiciens plutôt que des trames sonores. Dès les premières rumeurs de développement de ce projet, je pouvais m’imaginer l’esprit tordu du protagoniste Patrick Bateman se matérialiser sur scène dans un univers éclaté qui est en quelque sorte le point de rencontre (s’il y en a un) entre Sweeney Todd et la musique de Phil Collins.

Bref, revenons à la base : American Psycho est basée sur le controversé livre de Bret Easton Ellis qui raconte la vie mouvementée de Patrick Bateman, un jeune banquier matérialiste de Wall Street à la fin des années 80 qui a deux passions : la musique pop et la mutilation de jeunes femmes. Son monde bascule à l’aube de ses 27 ans alors qu’un de ses collègues, Paul Owen, décroche un gros client qu’il convoitait. S’en suit une psychose sanglante où s’alternent les bains de sang, les orgies, la consommation de cocaïne et « Power of Love » de Huey Lewis. Comprenez-vous pourquoi je vous disais que le spectacle a eu de la difficulté à trouver une audience sur Broadway? À travers Wicked, The Lion King et Aladdin, American Psycho est un ovni avant-gardiste qui aurait probablement eu plus de succès dans un petit théâtre Off-Broadway.

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C’est l’auteur-compositeur Duncan Sheik, à qui l’ont doit la comédie musicale Spring Awakening et le succès « Barely Breathing » paru en 1996, qui signe la musique de l’œuvre. L’artiste a composé une vingtaine de chansons électropop qui semblent tout droit sorties des années 80. De ce fait, les musiciens ont troqué les cordes et les cuivres qu’on voit habituellement sur Broadway pour des synthétiseurs et une batterie électronique. Et comme le personnage principal est obsédé par la musique pop de l’époque, Sheik a intégré quelques succès de l’époque à sa trame sonore, de manière ingénieuse et subtile. Mentionnons « In The Air Tonight » de Phil Collins en chœur et a cappella! À mon goût personnel, American Psycho est l’une des meilleures trames sonores de comédie musicale des dernières années.

Côté livret et dialogues, l’auteur Roberto Aguirre-Sacasa a réussi là où Mary Harron et Guinevere Turner avaient échoué avec le film paru en 2000 : humaniser Patrick Bateman. Il est trop facile de tomber dans le panneau et de présenter le jeune banquier comme fondamentalement méchant. Il doit y avoir une raison derrière cette méchanceté, une explication valable qui permet au public de tout de même s’attacher au protagoniste. Derrière son égocentrisme et ses envies meurtrières, Patrick Bateman est un être seul et en manque de confiance. Est-ce que cela justifie les meurtres en série? Non. Par contre, ça permet aux spectateurs de s’intéresser au sort du personnage plutôt que de le catégoriser comme un simple méchant et se foutre éperdument de ce qui lui arrivera. Pour le reste, Aguirre-Sacasa a réussi à injecter une bonne dose d’humour grinçante à American Psycho, ce qui allège le tout.

Benjamin Walker est affilié au rôle de Patrick Bateman depuis 2011, année où il jouait le rôle-titre de la comédie musicale Bloody Bloody Andrew Jackson. Soucieux d’une constance dans sa carrière, la rumeur veut que Walker n’accepte seulement des rôles où le sang est proéminent! Blague à part, Walker fait vivre sur scène ce personnage tordu avec humanisme et cynisme, ne quittant pratiquement jamais la scène. Le spectacle repose sur ses épaules et l’acteur relève le défi avec brio. Je ne comprends toujours pas comment les voteurs des Tony Awards ont pu l’écarter de la course au meilleur acteur dans une comédie musicale… L’ensemble des personnages qui entourent Bateman, de ses collègues banquiers matérialistes à ses multiples conquêtes féminines (et futurs trophées de chasse), sont tous joués avec justesse par un groupe d’interprètes talentueux et dans une forme physique exceptionnelle! Comme l’histoire se déroule dans les années 80, à l’ère des vidéos d’entraînement de Jane Fonda, les multiples personnages ont tous une obsession pour leur corps. De ce fait, il y a probablement davantage de « six-pack » dans American Psycho que dans une boutique Abercrombie & Fitch. Je serais curieux de voir l’appel d’auditions en détail : « Obligatoire : fortes aptitudes en danse, technique vocale impeccable et six-pack découpé. Avoir été mannequin pour Victoria Secret est un atout ».

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Pour le reste, Jennifer Damiano, que l’on connaît pour ses performances dans Next to Normal et Spider-Man, offre une performance touchante et sentie dans le rôle de Jean, alors que Drew Moerlein joue avec justesse et humour le banquier Paul Owen, qui est l’objet de l’obsession et de la jalousie de Bateman.

Le metteur en scène britannique Rupert Goold a fait un travail formidable avec American Psycho, créant un univers unique à l’aide d’un décor à angle qui donne un effet de profondeur saisissant et des planchers pivotants qui sont utilisés à outrance dans le spectacle. De manière ingénieuse, Goold crée une suite troublante de tableaux, tantôt réalistes et tantôt imaginatifs, de l’appartement de Patrick aux ruelles de Manhattan, d’une journée à la plage à une montagne de corps ensanglantés. Les transitions se font rapidement et subtilement, empêchant la présence de temps morts. Mon coup de cœur? La scène finale du premier acte, où l’on descend un rideau de plastique pour protéger la foule des multiples jets de sang, le tout au rythme de « Hip to Be Square » de Huey Lewis and The News.

À la mise en scène s’ajoutent les chorégraphies contemporaines de Lynne Page, qui divertissent dans le premier acte et qui troublent dans le deuxième. Loin du souci de faire de belles chorégraphies pour impressionner les spectateurs, celles-ci sont plutôt au service de l’histoire, illustrant merveilleusement bien les personnages torturés et complexes que sont Bateman et sa bande.

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Côté scénographie, ce sont les éclairages et les projections qui volent le spectacle. Les décors d’un blanc immaculé à l’image des tendances épurées des années 80 servent de canevas pour Finn Ross, le concepteur vidéo qui crée des univers à la fois dynamiques et dramatiques. Avec American Psycho, la technologie est au service de l’histoire, tant dans l’intégration de plaques tournantes au décor que dans les éclairages violents de Justin Townsend. Côté design sonore, je n’ai personnellement jamais entendu sur Broadway une balance de son plus forte que celle d’American Psycho. La lourde basse vient vous frapper de plein fouet comme dans un concert rock et les synthétiseurs aigus résonnent avec puissance dans vos oreilles, aidant à créer l’univers de Patrick Bateman. Les costumes parfois épurés, parfois colorés de Katrina Lindsay servent très bien l’histoire, nous rappelant la mode particulière des années 80.

Bref, comme vous pouvez le constater, j’ai passé une excellente soirée et je considère American Psycho dans le top-5 des productions que j’ai vues sur Broadway. Dans l’avenir, est-ce qu’on parlera d’un flop pour qualifier la production? Tout à fait! Dans l’avenir, dira-t-on qu’American Psycho était artistiquement pauvre et que l’œuvre est à oublier? Pas du tout! À travers les années, bon nombre d’excellentes comédies musicales ont échoué sur Broadway. Certains attribuent la fermeture prématurée de l’œuvre au succès monstre que connaît la comédie musicale Hamilton. Personnellement, je ne suis pas d’accord. Le succès d’une œuvre ne peut pas expliquer l’échec d’une autre. À mes yeux, American Psycho n’était tout simplement pas faite pour Broadway. L’œuvre est trop controversée, trop expressionniste et trop sanglante pour être un succès commercial et vendre 10 000 billets hebdomadairement. Pour avoir du succès sur Broadway, il faut avoir du contenu de qualité, mais il faut également rejoindre un large public. Sinon, comment voulez-vous vendre 1 500 sièges à raison de huit représentations par semaine pendant des mois et des mois? American Psycho a fait un tabac lors de sa sortie à Londres en 2013, mais il faut savoir que l’Almeida Theatre où l’œuvre tenait l’affiche ne contient que 325 sièges, comparable à un théâtre new-yorkais de catégorie Off-Broadway. Si la comédie musicale de Duncan Sheik avait ouvert ses portes au New York Theatre Workshop, au Public Theater ou au Second Stage Theatre, l’œuvre aurait certainement été un vif succès. Bref, tout est une question de choix et selon moi, la plus grande faiblesse d’American Psycho a été la décision de ses producteurs de sauter quelques étapes et de se lancer directement sur Broadway. Mais pouvons-nous réellement en vouloir à Patrick Bateman de choisir le prestige et la luxure de Broadway plutôt que l’intimité et l’humilité d’une salle Off-Broadway?

Au-delà de tout ça, l’œuvre continuera à vivre par le biais de sa trame sonore parue cette année ainsi que par ses multiples productions qui verront le jour dans le futur. Si vous avez l’occasion de voir American Psycho, sautez sur l’opportunité, mais n’oubliez pas votre imperméable… 😉

CRITIQUE : School of Rock sur Broadway

Vous vous rappelez du film L’École du Rock qui mettait en vedette Jack Black et qui racontait l’histoire d’un musicien raté qui apprenait à des élèves du primaire à jouer du rock ‘n’ roll? Et bien sachez que School of Rock The Musical est l’adaptation théâtrale de ce long-métrage paru en 2003.

Je vous remets dans le contexte de cette journée du 21 mai dernier : je suis en file au kiosque TKTS et je vois défiler sur un grand panneau lumineux toutes les comédies musicales et pièces de théâtre disponibles à rabais. Pour une des rares fois dans ma vie où je n’attends pas mon tour en sachant exactement ce que je veux voir, je me laisse tenter parce ce que me propose l’écran rouge. Au final, j’hésite entre deux spectacles : The Curious Incident of a Dog in the Night-time, la pièce de théâtre dramatique et éclatée qui a tout raflé aux Tony Awards l’an dernier, et School of Rock, une nouvelle œuvre d’Andrew Lloyd Webber adaptée d’un film que j’avais beaucoup aimé. Le point tournant de ma décision? J’avais envie de rire! J’avais déjà mes billets pour deux comédies musicales dramatiques le lendemain, alors j’avais envie d’un spectacle où j’allais rire. Je venais donc d’éliminer The Curious Incident… J’allais passer l’après-midi au mythique Winter Garden Theatre où, paraît-il, on peut encore trouver des poils de chat sous les sièges (pour ceux qui ne comprennent pas ma référence pas trop évidente : Cats y a tenu l’affiche pendant 18 ans). En choisissant School of Rock, je voulais rire et j’ai été servi. Par contre, je n’avais aucune idée qu’entre mes multiples éclats de rire, j’allais aussi être ému.

Avec School of Rock, les comparaisons avec Matilda the Musical (que j’ai ADORÉ!) sont multiples : un grand nombre d’enfants surdoués tiennent des rôles importants, l’histoire se déroule dans une école, la pièce est une adaptation d’un film populaire, etc, etc. Le fait que School of Rock ouvre ses portes trois années après Matilda ne l’avantage pas parce que toutes ressemblances peuvent être interprétées comme une « copie » de l’autre.

Ayant écouté la trame sonore de School of Rock et ayant vu plusieurs extraits vidéo de l’œuvre, je m’attendais à passer un très bon moment, sans plus. À mes yeux, la barre mise très haute par Matilda n’allait pas être atteinte, et j’ai le plaisir de vous annoncer que je me trompais!

Ma première description à ma blonde quand je l’ai rejointe à notre chambre d’hôtel après le spectacle a été : « School of Rock, c’est Matilda sur le Red Bull! »

Pour en terminer avec les comparaisons et finalement entrer dans le vif de ma critique : Matilda est une production beaucoup plus peaufinée dont la mise en scène Robert-Lepagesque est ingénieuse et éclatée, alors que l’histoire de School of Rock est beaucoup plus percutante et sentie. Je suis sortie du théâtre le sourire fendu jusqu’aux oreilles avec l’impression d’avoir reçu en pleine face une gigantesque dose de bonheur et de riffs de guitare endiablés!

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D’abord, School of Rock raconte l’histoire de Dewey Finn, un rocker bedonnant et raté dont le colocataire, Ned, est un ami d’enfance et enseignant au primaire. Un bon matin, le téléphone sonne et c’est la directrice de la très réputée Horace Green School qui cherche un remplaçant pour une enseignante absente. Dewey, qui croule sous les dettes, décide de se faire passer pour Ned et de remplacer dans cette classe de 5e année. Pensant surveiller une bande de morveux hautains, Dewey découvre éventuellement qu’ils sont doués en musique. Il décide donc de leur enseigner le rock et de les inscrire au Battle of the Band pour tenter de détrôner son ancien groupe qui l’a récemment congédié. S’en suivent des jams forts en décibels, des quiproquos amusants et un début d’histoire d’amour entre Dewey et la directrice de l’école. Ajoutez à cela les préoccupations des jeunes qui sont délaissés par leurs parents riches et absents ainsi qu’une élève gênée qui trouve sa voie (et sa voix!) et vous avez une œuvre surprenante, touchante et amusante.

Le point le plus fort? Les jeunes qui jouent RÉELLEMENT de la musique rock. À travers les années sur Broadway, on a vu des jeunes acteurs chanter, danser et acter avec brio. Par contre, la dizaine d’enfants dans School of Rock ont une quatrième corde à leur arc : ce sont des virtuoses! La petite Katie, haute comme trois pommes, troque son violoncelle pour une basse électrique et excelle autant dans le Bach que dans le hard rock. Le petit Zack performe des solos de guitare électrique qui pourraient rendre jaloux Eddie Van Halen. Chacun des petits virtuoses chante très bien, interprète son personnage avec justesse et maîtrise son instrument comme un adulte ayant 10 ans de Conservatoire derrière la cravate. Et croyez-moi, les jeunes jouent pour vrai et il n’y a aucune bande préenregistrée. Même Sir Andrew Lloyd Webber, qui signe la musique, l’explique au public avant la levée du rideau.

Parlant du compositeur anglais à qui l’on doit Cats, Evita et The Phantom of the Opera, sa trame sonore pour School of Rock est définitivement l’une de ses meilleures! Webber a d’abord fait sa marque en signant la musique rock de Jesus Christ Superstar et après plusieurs essais (souvent infructueux) en musique classique, il est revenu aux sources avec des chansons accrocheuses aux influences britanniques qui vont de Deep Purple à Black Sabbath en passant par Led Zeppelin et The Rolling Stones. Ajoutez à cela les quelques chansons composées par Jack Black pour le film et vous avez une trame sonore qui pourrait très bien accompagner une balade en décapotable un soir d’été. Bref, après des décennies de grands succès, suivi par des décennies de flops, il est plaisant de voir Andrew Lloyd Webber renouer avec le succès en retournant à ses racines : le rock ‘n’ roll!

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Du côté des autres performances, l’excellente Sierra Boggess, qu’on est habitué de voir dans des rôles dramatiques et classiques (The Phantom of the Opera, Love Never Dies, Les Misérables), sort de sa zone de confort en interprétant avec justesse la directrice pincée et névrosée d’Horace Green School. Pour ce qui est du rôle de Dewey, il n’y a pas de doute que le nouveau venu Alex Brightman a une réelle chance de remporter le Tony Award du meilleur acteur! À la représentation que j’ai vue, c’était sa doublure Jonathan Wagner qui tenait le rôle et ce dernier a offert une performance impeccable. Le rôle nécessite un large éventail de compétences, d’une voix rock au registre interminable à un timing comique parfait, en passant par un jeu de guitare complexe et une justesse dramatique hors pair. Autant Brightman (selon les critiques unanimes) que Wagner possèdent l’ensemble de ces compétences, leur permettant d’être le pilier central de cette mégaproduction qu’est School of Rock.

Pour le reste, les dialogues de Julian Fellowes (l’homme derrière la série Downtown Abbey) sont précis et punchés alors que la mise en scène de Laurence Connor est efficace, sans plus. C’est plutôt la scénographie d’Anna Louizos qui se démarque, alors que les transitions scéniques entre les multiples lieux se font subtilement, sans casser le rythme de l’histoire. J’ai eu un gros coup de cœur pour la plateforme rotative qui fait office de scène lors du Battle of the Band, où l’action se déroule autant devant que derrière le rideau.

Est-ce que School of Rock est une production qui passera à l’histoire? Probablement pas. Est-ce qu’on mentionnera l’œuvre dans les palmarès des plus grandes comédies musicales de Broadway? Clairement pas. Est-ce que je vous recommande School of Rock? Définitivement, OUI!

Parfois on va au théâtre pour réfléchir, parfois on y va pour être touché et parfois on y va pour être choqué… Par contre, parfois on veut simplement passer un bon moment en étant diverti. C’est exactement ce à quoi sert School of Rock! Vous rirez aux éclats, vous serez impressionné par les performances et au passage, vous serez ému. Quoi demander de mieux?

Grease Live : FOX donne une leçon à NBC

Je vous en ai parlé dans un précédent article, NBC a relancé la tradition des années soixante de présenter des comédies musicales en direct. Avec La Mélodie du Bonheur, Peter Pan et The Wiz, le réseau a obtenu des cotes d’écoute faramineuse. Par contre, hier soir, FOX est entré dans la danse avec Grease et NBC aura des croûtes à manger pour sa prochaine production!

D’abord, le simple choix de revisiter Grease était un coup de génie! Les jeunes et les moins jeunes s’y retrouvent assurément. Les premiers parce qu’ils ont vécu le buzz autour du film original. Les seconds parce que la distribution était bourrée de vedettes : Vanessa Hudgens, Carly Rae Jepsen, Carlos PenaVega et j’en passe. Habituellement, je suis le premier à redouter ce type de casting… Carrie Underwood avait fait mal figure dans la version live de La Mélodie du Bonheur en 2013. Par contre, c’est Grease! Ce sont des chansons pop, c’est rose bonbon partout et le niveau de jeu n’a pas besoin d’être élaboré. Qui plus est, les vedettes étaient entourées d’habitués de Broadway qui ajoutaient une bonne dose d’expérience à la distribution : Aaron Tveit, Andrew Call, Elle McLemore, Ana Gasteyer, Haneefah Wood, etc. Ajoutons à cela les clins d’œil aux acteurs qui jouaient Frenchy et Doody dans le film original et les caméos de Boyz II Men et Joe Jonas pour faire un jolie portrait qui plaît à tous.

Comme au hockey, voici mes 3 étoiles de la soirée :

  1. Le duo Sandy-Dany : Julianne Hough et Aaron Tveit sont de loin les chanteurs-danseurs-acteurs les plus solides et surpassent Newton-John et Travolta, à mon humble avis. Tveit est un vétéran du théâtre new-yorkais qui a brillé dans Wicked, Hairspray, Next to Normal et Catch Me If You Can et depuis son rôle dans le film Les Misérables, sa carrière atteint de nouveaux sommets au grand plaisir des amateurs de Broadway.
  2. Vanessa Hudgens : Et oui, je parle bien de l’enfant chérie des horribles films High School Musical à la voix nasillarde qui étaient l’une des multiples raisons pourquoi j’avais regretté d’avoir regardé ce film… Hudgens joue Rizzo avec justesse et sa voix a pris énormément de maturité, merci à son année passée sur Broadway à donner 8 performances par semaine!
  3. Les scènes extérieures : Pour ajouter au niveau de difficulté déjà très élevé, on a décidé de tourner certaines scènes à l’extérieur, donnant des prises de vue aériennes exceptionnelles. Mentionnons la finale « We Go Together » ainsi que le salut des acteurs comme au théâtre, qui se font à la belle étoile.

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Au-delà des performances, la réalisation de Thomas Kail (Hamilton sur Broadway) est impeccable et ingénieuse. La comédie musicale est filmée en direct dans un studio de télévision comme un long plan séquence entrecoupé de quelques pauses publicitaires, mais Kail et son équipe réussissent de petits miracles d’ingéniosité. De plus, contrairement aux versions de NBC, on n’essaie pas de nous faire croire que ce n’est pas en direct et que c’est un long-métrage à gros budget. L’équipe de Grease assume pleinement son concept, avec le personnage de Vince Fontaine qui parle aux téléspectateurs avant les pauses publicitaires et les images en coulisses des acteurs qui se préparent à la prochaine scène. Tant qu’à assumer le direct, FOX a même ajouté un public dans les studios qui applaudissent à la fin des chansons, comme lors d’une comédie musicale. Ceux-ci font même office de figurants à plusieurs moments.

L’équipe de production n’a pas hésité à réécrire certains passages, prenant les éléments positifs du film et de la comédie musicale originale pour en retirer le meilleur et faire une nouvelle version au goût du jour. Des chansons de la production de Broadway de 1971 qui n’avaient pas été retenues pour le film de 1978 ont été ramenée à l’avant plan et certaines chorégraphies se sont vues redonner un petit coup de jeunesse. Autre point positif : l’école secondaire Rydell est désormais intégrée! Même si l’action se passe toujours en 1959, la distribution compte une multitude d’Afro-Américains et de Latino-Américains, de quoi plaire aux détracteurs des Oscars (et déplaire à Donald Trump!).

Dans les points négatifs, notons la nouvelle chanson écrite pour Carly Rae Jepsen (Frenchy) qui sert d’introduction à « Beauty School Dropout » et qui n’amène absolument rien. Parlant de l’interprète de « Call Me Maybe », c’est probablement l’actrice la moins solide parmi les Pink Ladies. Aussi, je dois avouer que la scène de la course de voiture m’a beaucoup divertit, mais pas pour les bonnes raisons…  Autre point négatif : beaucoup de chansons ont été préenregistrées. À quelques reprises, on a remarqué un petit décalage entre la bouche des interprètes et le son qui est supposé en sortir. Par contre, Grease Live est une grosse machine en direct avec des centaines d’acteurs et danseurs et les risques de problèmes techniques doivent être minimisées. Dans cette optique, le préenregistrement me dérange moins.

Bien sûr, tout n’est pas parfait dans cette nouvelle version, mais Grease se veut une feel-good story sans prétention qui a comme seul et unique but de vous faire sourire et taper du pied. Dans cette optique, FOX a visé extrêmement juste!

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CRITIQUE : Chicago sur Broadway

Ma collaboratrice Audrey Dion vous fait aujourd’hui une critique constructive et préventive de la production new-yorkaise de la fameuse comédie musicale Chicago. Il faut se rappeler qu’année après année, Chicago est citée par les touristes new-yorkais comme la comédie musicale qui crée le plus de déception. Découvrez pourquoi!

C’est arrivé plusieurs fois que des gens peu familiers avec Broadway me demandent quel spectacle voir lors de leur séjour à New York. La majorité des gens qui vont dans la Grosse Pomme pour une première fois veulent assister à un spectacle qui leur en mettra plein la vue, et avec raison! J’ai aussi entendu beaucoup de gens me dire « Moi je vais aller voir Chicago, c’est certain! C’est tellement un classique, j’ai adoré le film et les chansons sont tellement bonnes que c’est sûr que ça va être écœurant ». FAUX.

Je m’excuse pour ceux qui ont aimé ou qui seront insultés par les propos de mon article, mais sachez que celui-ci se veut préventif et économique puisque vous n’aurez pas à dépenser une centaine de dollars dans le vide. Premièrement, je vais mettre une chose au clair : Chicago est une grande œuvre et la musique est géniale. C’est avec cette production précise que j’ai un problème. Petit retour en 2011 : je suis dans la file pour me procurer le billet tant convoité qui me fera assister à la représentation d’après-midi de Chicago. Billet en main, je m’installe dans mon siège et les lumières se ferment enfin. Et c’est là que ma première déception m’a frappé en pleine face : All that Jazz? All that quoi? All that pas-de-place-pantoute-pour-danser. All that estrade-de-musiciens-qui-prend-les-sept-huitièmes-de-la-scène-et-qui-limite-l’espace-des-danseurs. All that aucun-décor-sauf-les-musiciens-qui-font-office-de-tapisserie…

Comprenez-moi bien : les acteurs étaient excellents, les danseurs étaient époustouflants et les musiciens vraiment incroyables. Je sais que Chicago se veut épurée, obscure et avant-gardiste pour l’époque où le spectacle a vu le jour. Je comprends qu’il y a une recherche artistique derrière le style particulier de cette production et qu’il faut faire preuve d’imagination et d’interprétation. Je comprends aussi que ce revival a d’abord été monté en version concert et que les producteurs ont décidé de conserver l’aspect minimaliste de celui-ci lorsqu’ils l’ont amené, en 1996, sur Broadway. Par exemple, bravo à l’idée d’utiliser l’estrade des musiciens comme emplacement du jury dans les scènes de procès. Ceci dit, la mise en scène de Walter Bobbie ne m’a pas accroché du tout!

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Malgré ma grande déception (qui se reflétait aussi à l’entracte sur le visage de mon amie assise à côté de moi), j’admets qu’à quelques reprises, le dynamimse du spectacle m’a donné envie de me lever sur mon siège et de danser parce que la musique est indéniablement magistrale. En plus, j’aurais eu plus d’espace qu’eux pour danser (ta dum tss!). Mais j’ai longtemps regretté d’avoir tout misé sur ce spectacle. Trop puriste, ou pas assez (je ne sais pas!), mais j’ai définitivement été déçue par Chicago.

Je suis certaine que des centaines de milliers de personnes sont ressorties de l’Ambassador Theatre comblées et impressionnées au courant des vingt dernières années, mais ce n’est malheureusement pas mon cas. Tout ça pour vous dire que si vous avez envie d’assister à quelque chose de WOW à l’image du film de 2003 qui mettait en vedette Catherine Zeta-Jones et Renée Zellweger, peut-être que Chicago n’est pas le spectacle tout indiqué…

J’étais de ce voyage à New York avec Audrey lorsqu’elle a vu Chicago. Cet après-midi là, j’avais assisté à l’infâme adaptation théâtrale de Spider-Man, gracieuseté de Bono, The Edge et la metteure en scène Julie Taymor… Si la critique d’Audrey est tout de même constructive, la mienne ne le serait pas. Quel mauvais spectacle! Par chance, nous avions vu la production Off-Broadway de Rent en soirée pour oublier ce difficile après-midi!

CRITIQUE : The Last Five Years au grand écran

En 2013, le réalisateur-scénariste américain Richard La Gravenese à qui l’on doit notamment les films P.S. I Love You et The Fisher King a décidé d’adapter la comédie musicale The Last Five Years au grand écran. Le film indépendant a été tourné à New York avec en tête d’affiche Anna Kendrick (Up in the AirPitch Perfect) et Jeremy Jordan (Newsies sur Broadway).

L’adaptation cinématographique de la comédie musicale intimiste était un choix audacieux pour plusieurs raisons. D’abord, parce que la pièce n’a jamais joué sur de grandes scènes comme Broadway ou Londres. Ensuite, parce que l’histoire en apparence cute est tout sauf simple! Finalement, parce que La Gravenese a confié le rôle principal masculin à un acteur de Broadway complètement inconnu du grand public. Ces trois raisons expliquent probablement pourquoi le film a été un flop financier, avec ses 150 000$ au box-office pour un budget dépassant les 2 millions… Par contre, ces trois mêmes raisons expliquent pourquoi je considère que The Last Five Years est un film audacieux qui se démarque des autres adaptations cinématographiques de comédies musicales.

The Last Five Years raconte la relation amoureuse entre Cathy et Jamie, de leur première rencontre jusqu’à leur rupture, cinq ans plus tard. « Mais pourquoi nous dis-tu le punch final? », que vous me demandez de manière agressive! « Parce qu’on l’apprend dès la première scène », que je vous réponds! En effet, là est la particularité qui différencie The Last Five Years des autres films romantiques : Jamie nous raconte l’histoire de A à Z, alors que Cathy nous la raconte de Z à A. Les deux personnages ne se croisent qu’une seule fois dans leur récit : à leur mariage. Le film (et la comédie musicale) est donc une série de tableaux qui mettent en scène le couple, mais où s’alternent les deux personnages en tant que narrateurs de l’histoire.

La pièce a été écrite et composée par Jason Robert Brown et a vu le jour en 2001 à Chicago. La production dont tout le monde se rappelle est celle ayant joué Off-Broadway en 2002 et qui mettait en vedette Norbert Leo Butz (Wicked, Catch Me If You Can) et Sherie Renée Scott (Aida, The Little Mermaid). Même si cette version n’a joué que pendant deux mois, The Last Five Years a remporté plusieurs prix et la trame sonore a connu un très bon succès.

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Butz et Scott dans la production de 2002

Revenons au film! Je dois dire que The Last Five Years a des moments très forts, ainsi que des moments plutôt faibles. Dans les points positifs, mentionnons la réalisation de La Gravenese qui est rafraîchissante, recherchée et qui met de l’avant la magnifique ville de New York et une foule d’endroits romantiques et méconnus. La musique est bien sûr excellente et le « lipsynch » des acteurs qui avaient préalablement enregistré les chansons en studio ne paraît quasiment pas, contrairement à certains autres films du genre. Mes moments coups de coeur sont les chansons « Climbing Uphill » et « If I Didn’t Believe in You » ainsi que la scène finale.

Parmi les points négatifs, on note certaines chansons plus faibles qui dérangent le rythme du film. C’est le cas de « The Schmuel Song » dont on ne comprend pas trop l’importance dans l’histoire ainsi que « Moving Too Fast » où Jamie marche dans la ville et les passants se mettent à danser l’instant de quelques secondes. Il n’y a aucune chorégraphie (ni rien qui s’y rapproche) ailleurs dans le film, sauf ce drôle de moment qui nous rappelle de pénibles souvenirs du film Mamma Mia!… Selon moi, le problème majeur du film The Last Five Years est l’absence de mise en contexte du concept d’histoire racontée de manière antichronologique par l’un des deux personnages. J’ai rapidement compris le concept parce que je connaissais déjà bien la comédie musicale, mais si je me mets dans les souliers d’un néophyte, l’idée est très difficile à cerner. Les transitions entre les scènes se font trop naturellement alors qu’en réalité, on fait des bonds de plusieurs années en avant et en arrière! La façon trop facile aurait été d’avoir un sous-titre qui mentionne la date au début de chaque scène, mais je suis certain qu’un procédé plus subtile et tout aussi efficace aurait pu être développé pour faciliter la compréhension.

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Côté interprétation, les deux acteurs principaux donnent une très bonne performance. Le jeu est juste et tout en subtilité. Jeremy Jordan est parfaitement crédible dans le rôle de l’égocentrique Jamie. Sa voix est extrêmement solide, si bien qu’à quelques moments, on remarque que c’est sa vraie voix sur le plateau de tournage qui a été conservée, plutôt que celle préenregistrée en studio. C’est là qu’on voit l’expérience de Jordan et ses nombreuses années à jouer 8 performances par semaine sur Broadway. Anna Kendrick, de son côté, rend très bien le rôle de Cathy. Vocalement, on sent un manque de solidité dans les aigus à quelques moments. Par contre, ça n’enlève en rien qu’elle a une très belle voix qu’elle a su mettre en évidence dans des chansons plus douces comme « Still Hurting » et « See I’m Smiling ».

J’ai adoré les petits caméos d’acteurs ayant participé à des productions antérieures de la pièce, dont Sherie Renée Scott qui joue une directrice de casting, Betsy Wolfe qui joue la coloc de Cathy et le compositeur Jason Robert Brown, qui joue un pianiste d’audition. C’est une manière originale de rendre hommage à ceux qui ont créé ces rôles, un peu comme lorsque Colm Wilkinson (le premier Valjean) avait joué l’Évèque dans le film Les Misérables.

Somme toute, The Last Five Years est un bon film que tout amateur de comédie musicale se doit de voir. J’ose espérer que ce long-métrage inspirera plusieurs réalisateurs à se tourner vers le marché des films indépendants pour adapter des comédies musicales intimistes. Quand j’entends les rumeurs de long-métrage de Spring Awakening ou de Next to Normal, je ne peux tout simplement pas m’imaginer une giga-production comme les adaptations d’Into the Woods ou Les Misérables. Les films indépendants peuvent se permettre d’avoir des acteurs spécialisés en comédie musicale qui conserveront l’essence de ces comédies musicales… À suivre!

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CRITIQUE : Les Mormons prennent d’assaut Toronto

En 2013, j’avais écrit une critique de la tournée nationale de la comédie musicale The Book of Mormon pour un autre blogue. Comme c’est de circonstance, la voici :

Hier après-midi, j’ai eu l’extrême chance de voir la comédie musicale The Book of Mormon. Après des essais infructueux l’automne dernier à New York, nous nous sommes pris d’avance et avons acheté des billets pour la tournée nationale qui est de passage à Toronto jusqu’au 9 juin. Neuf heures de voiture plus tard, nous étions dans le magnifique Princess of Wales Theatre, fébriles à l’idée d’enfin assister au plus gros succès médiatique et financier de Broadway depuis The Phantom of the Opera en 1988.

Pour ceux qui sont moins familiers avec le spectacle, The Book of Mormon est une nouvelle comédie musicale écrite par Trey Parker, Matt Stone (les deux génies derrière South Park) et Robert Lopez (compositeur d’Avenue Q). Loin de La Mélodie du Bonheur, le spectacle met en scène l’Église mormone, se moquant beaucoup plus du concept de « religion » que des mormons directement. L’histoire suit deux mormons dépareillés qui sont envoyés en mission pour convertir les habitants d’un petit village d’Ouganda ravagé par le sida.

Dès la levée du rideau, on reconnaît la plume vulgaire, irrévérencieuse et intelligente des auteurs de South Park. Ce n’est pas une surprise, le f-word est utilisé à outrance et les punch lines s’enchaînent à une vitesse folle.

Là où la surprise est immense, c’est dans la composition des chansons et dans les seconds degrés intelligents et revendicateurs! Les gars de South Park ont l’habitude de faire de l’humour intelligent, mais avec le médium de comédie musicale, c’est une infinité de nouvelles possibilités pour le duo. De plus, Stone et Parker composent magnifiquement bien! Les chansons sont accrocheuses, complexes et rendues de manière impeccable par une distribution hallucinante.

En effet, le spectacle a tellement de succès (avec déjà cinq productions majeures en branle simultanément) que tout le milieu artistique veut y participer. L’acteur qui interprète Elder Price, le mormon parfait, nous vient directement de Londres, où il est une vedette du West End. La voix de Mark Evans est impeccable et son jeu, autant comique que dramatique, est parfait. Samantha Marie Ware, dans le rôle de Nabulungi (ou Jon Bon Jovi !), a la lourde tâche d’avoir le premier moment « triste » du spectacle. Après quarante-cinq minutes de folies et de blagues à faire tordre de rire, Ware chante la ballade « Sal Tlay Ka Siti » qui démontre toute la souffrance des Africains. Ne vous en faites pas, après que les spectateurs aient essuyé les petites larmes aux coins de leurs yeux, Christopher John O’Neill prend le plancher et porte le spectacle sur ses épaules jusqu’à la toute fin. Son personnage, Elder Cunningham, est un jeune geek qui a préféré écouter Star Wars plutôt que de lire sa bible. Celui qui est la risée de sa famille (et de l’Église mormone) est d’abord l’assistant empoté d’Elder Price. Quand ce dernier abandonne, n’étant pas capable de convertir les Ougandais, c’est Arnold Cunningham qui, à l’aide de récits inventés mettant en vedette Yoda, Darth Vader et Gollum, prend le relais et converti la tribu africaine au grand complet! Les autres performances dignes de mention sont celles de Kevin Mambo qui chante l’hymne « Hasa Diga Ebowaii (Fuck You God) », et celle de Grey Henson dans le rôle d’Elder McKinley, le mormon homosexuel à qui l’on apprend à refouler ses pulsions dans un numéro de claquettes à couper le souffle!

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Ce qui est particulier de cette production en tournée, c’est la complexité de la technique et l’ampleur du décor et des éclairages. Habituellement, les productions de tournée nationale sont lancées pour faire voyager la production de Broadway, mais dans un format portatif qui se déplace facilement d’une ville à une autre. Dans le cas présent, la tournée est imposante et s’installe pour de longues périodes dans les villes de l’itinéraire. L’équipe technique a donc le temps d’installer les décors comme s’ils étaient sur Broadway (et même poser des micros sous le plancher pour le numéro de claquettes). Il en résulte une production identique (à ce qu’on m’a dit) à celle qui charme les foules sur Broadway depuis 2011.

Véritable feu roulant, The Book of Mormon est un spectacle à voir absolument. La mise en scène de Casey Nicholaw et Trey Parker, est simple, intelligente et rend hommage (ou se moque) à plusieurs spectacles de Broadway (mentionnons Wicked, The Lion King et La Mélodie du Bonheur).

Le spectacle défile à une vitesse folle, s’arrêtant seulement lorsque le rideau se ferme. Les plus âgés seront peut-être choqués, mais bon, ils ne sont pas le public cible!

Est-ce que The Book of Mormon est à la hauteur des critiques unanimes que la presse new-yorkaise lui a réservées? Sans aucun doute!

Est-ce que The Book of Mormon est la plus grande comédie musicale des vingt-cinq dernières années? Non. C’est un EXCELLENT spectacle, mais le buzz entourant le spectacle est difficile à expliquer. Certains billets se vendent à plus de 1 000 $ sur Broadway!

Bref, si vous avez l’occasion de voir le spectacle, ne la manquez pas! Sinon, attendez le film! Parker et Stone ont déjà prévu un long-métrage, mais selon leurs dires, « seulement quand la production de Broadway sera en pente descendante »… Si l’on se fit au succès et aux ventes qui continuent de grimper après plus de deux ans à l’affiche, Parker et Stone ne seront peut-être plus vivants lorsque le moment de faire le film sera venu!